• PSA : le plan B de la CGT pour éviter la casse

    Dans un article du 11 décembre le journal "L'Humanité" livrait cette information selon laquelle la CGT PSA s'apprêtait à livrer au CCE une 10 éme proposition en supplément des 9 autres proposées par le cabinet Secafi Alpha. Cette proposition fait la démonstration chiffres à l'appui, qu'il est possible de conserver en France l'ensemnle de ses usines.

    La phase d’expertise s’achevant lors d’un CCE aujourd’hui, la direction de PSA compte bien mettre en marche la machine à licencier. La CGT riposte avec un projet alternatif.

    Alors que la direction de PSA s’apprête aujourd’hui à mettre la pression sur les représentants des salariés au comité central d’entreprise (CCE) pour qu’ils se prononcent sur le plan de 8 000 suppressions d’emplois – étape formellement nécessaire à la mise en marche du plan social –, la CGT a décidé de contre-attaquer en lançant un plan B, expertise chiffrée à l’appui. « La fermeture d’Aulnay n’est ni inéluctable ni industriellement justifiée », a rappelé hier Bruno Lemerle, élu CGT au CCE. Aux neuf hypothèses de restructuration envisagées par la direction du groupe et expertisées par le cabinet Secafi Alpha, la CGT a ajouté un dixième scénario, qu’elle a soumis à l’évaluation du même cabinet d’experts.

    À contre-courant du discours apocalyptique de la direction, la première organisation syndicale du constructeur démontre qu’en investissant seulement 97 millions d’euros – soit 14 millions d’euros par an pendant sept ans –, PSA pourrait conserver l’ensemble de ses usines, par le biais d’un rééquilibrage des productions sur l’ensemble des sites en France et à l’étranger. Alors que le projet patronal prévoit de saturer certaines usines jusqu’à 154 % de leurs capacités de production pour compenser la fermeture d’Aulnay, la CGT et Secafi estiment qu’une répartition des productions allant de 55 % à 138 % des taux d’utilisation des différents sites pourrait permettre de garder un fonctionnement en deux équipes au minimum dans toutes les usines, y compris Aulnay. Comparé aux 250 millions d’euros que coûteraient la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois et les milliers de suppressions d’emplois prévues à Rennes et dans le reste du groupe, ce projet présente non seulement un avantage social évident pour un coût moindre, mais garantit également des capacités de développement industriel cruellement absentes du plan Varin (PDG de PSA – NDLR).

    S’appuyant sur la préconisation du cabinet Secafi d’un apport de capital de la part de l’actionnaire principal, la CGT exige de la famille Peugeot qu’elle mette 1,5 milliard d’euros sur la table, notamment pour relancer les projets de boîtes de vitesses et de voitures hybrides rechargeables gelés ou abandonnés, et financer une réelle réindustrialisation des surfaces disponibles à Aulnay, Rennes ou Sochaux. « S’ils croient en leur business, qu’ils le prouvent ! » a défié Bruno Lemerle, rappelant qu’il y a quelques mois encore, des rumeurs de désengagement de la famille Peugeot du groupe PSA s’étaient fait jour dans la presse. « On considère que ce ne serait qu’une restitution d’une partie des 6 milliards d’euros qui ont été distribués aux actionnaires entre 1999 et 2011 », a en outre souligné le représentant CGT. Forte de cet ensemble de propositions, la CGT compte bien demander une fois de plus à l’État d’intervenir dans un processus de négociations qui ne connaît pour l’instant aucune avancée. « Ne pas intervenir aujourd’hui, c’est se rendre complice des futurs licenciements en cascade à PSA, chez les autres constructeurs et chez les sous-traitants », a dénoncé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT sur le site d’Aulnay.

    Éviter les chasseurs de primes 

    Si la direction de PSA a multiplié les annonces de pistes de reconversion pour le site d’Aulnay, seul un projet, celui de l’entreprise de logistique ID Logistics, semble tenir la route pour la CGT, qui dénonce une opacité totale et une pression accrue sur les élus locaux pour accepter de signer des permis de construire s’assimilant à des chèques en blanc. « On fait un pont d’or aux entreprises pour venir s’implanter : PSA vendrait ou louerait en dessous des prix du marché et ces entreprises toucheraient de nombreuses subventions pendant quelques années. Le risque, c’est de n’avoir à faire qu’à des chasseurs de primes qui s’en aillent après avoir touché les subventions », met en garde Bruno Lemerle, qui exige un maintien des reclassés sous contrat PSA jusqu’à l’obtention d’un CDI chez un nouvel employeur.

    Loan Nguyen ("L'Humanité" le 11 décembre 2012)


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